15/02/2010
PAGNY-LE-CHÂTEAU
Au bar-restaurant de la Place
Depuis juin 1992, Mme Vincent reçoit ses clients dans son restaurant tous les jours, mais le midi seulement. Au menu : buffet au choix, crudités ou charcuteries suivi de deux ou trois plats, également au choix, et par respect pour les religions, volailles ou poissons. C'est alors le coup de chaud, il faut servir ceux qui viennent se restaurer en une heure, parfois moins, tout le monde est pressé.Trois salles dans l'établissement peuvent accueillir, au maximum, 70 couverts et l'été, la terrasse abritée est disponible. Il est également possible, mais sur commande seulement, de déguster une friture d'ablettes, des cuisses de grenouilles ou un filet de sandre. C'est surtout une clientèle d'ouvriers et de commerciaux, mais aussi de passage, qui vient s'attabler. La proximité de la sortie autoroute de Seurre et du Techno-port draine la clientèle des chauffeurs routiers pour le transport du sel arrivé par bateaux, ou le transport de céréales. Mme Vincent et une employée servent 40 à 45 repas. Les difficultés de gestion dues aux charges ont même conduit à un licenciement économique. Quant au bar, s'il n'y avait que lui, la maison serait fermée depuis longtemps. Boire ou conduire, le choix est fait, déguster un café, mais fumer à l'extérieur, surtout par le froid qui courre, cela ne tente personne. Il n'y a guère d'anciens du village qui viennent échanger au comptoir. Pas de jeunes non plus, le billard a dû être enlevé, le baby-foot se rouillait. Seul, au mur, un jeu de fléchettes. Pagny compte pourtant quelque 500 habitants, mais la plupart des résidants partent au travail tôt le matin et, le soir, rentrent vite à la maison. De vieilles habitudes se perdent : ainsi lors des cérémonies du 8 Mai, du 14 Juillet et du 11 Novembre, par exemple, l'apéritif qui s'en suit se déroule à la salle des fêtes. « Les mentalités ont changées, on ne vient pas refaire le monde au bar de la Place, il n'y a presque plus d'échange », explique Mme Vincent. Un bon point cependant, précise-t-elle, la baisse de la TVA qu'elle applique et qui fut pour elle une vraie bouffée d'oxygène. Il ne reste à Pagny que deux commerces, celui-ci et unmagasin d'alimentation, tabac, presse, dépôt de pain. Mais à l'heure des retraites, y aurat-il des repreneurs ?
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